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Schwarz Digits, la filiale IT du groupe Lidl, ambitionne de devenir le premier hyperscaler allemand avec StackIT. Une déclaration forte dans un marché dominé par AWS, Microsoft et Google. La question la plus pertinente n’est pas de savoir qui l’annonce le plus fort, mais plutôt : qui dispose de l’infrastructure robuste, de la certification BSI et de véritables workloads industriels pour porter cette ambition ?
Les points clés en bref
- Trois fournisseurs sont prêts pour la production : StackIT, IONOS Cloud et l’Open Telekom Cloud sont déjà opérationnels auprès de banques, de cabinets d’avocats et dans des environnements régulés. Le reste du débat sur la souveraineté relève du marketing.
- Le gouvernement fédéral a tranché : Aucun hyperscaler américain n’a été retenu dans l’appel d’offres de 250 millions d’euros pour le cloud IA Deutschland-Stack. StackIT y fournit la couche d’infrastructure certifiée BSI.
- ES³ rend la souveraineté mesurable : Ce nouveau standard de Schwarz Digits évalue les offres cloud selon quatre niveaux de maturité. Associé aux certifications BSI C5:2026 et C3A, la promesse devient un critère vérifiable.
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Ce qui distingue un hyperscaler d’un bon datacenter
Le terme hyperscaler est devenu galvaudé. Un datacenter bien organisé avec VMware en dessous n’en est pas un. Ce qui caractérise AWS, Azure et Google, ce sont trois éléments : une scalabilité élastique à travers plusieurs régions, une large gamme de services managés allant du stockage d’objets aux plateformes de modèles, et un écosystème d’API et de partenaires qui transforme leur infrastructure en environnement standard.
La plupart des alternatives européennes se revendiquant souveraines échouent à cette aune. Elles fournissent un IaaS fiable, mais accusent un retard sur le catalogue de services et l’écosystème. Une souveraineté sans substance reste, in fine, une case à cocher en matière de conformité, sans fondement opérationnel solide. Pour les architectes, cela signifie : le premier regard doit porter sur la feuille de route des services et les workloads de référence, avant même le livre blanc sur la protection des données.
StackIT : Schwarz Digits passe à l’action
Parmi les candidats allemands, StackIT bénéficie du vent le plus favorable. Derrière ce cloud se trouve le groupe Schwarz, lui-même l’un des plus grands consommateurs de cloud en Europe. Qui gère sa propre logistique commerciale à l’échelle du pétaoctet a résolu les problèmes de scalabilité d’un hyperscaler avant de les vendre aux autres.
La preuve décisive est intervenue en mai 2026. Lors de l’attribution du cloud IA fédéral Deutschland-Stack, doté de 250 millions d’euros, aucun fournisseur américain n’a été retenu dans le consortium gagnant. StackIT y fournit, en collaboration avec SVA et Codesphere, la couche d’infrastructure certifiée BSI. Zero-Trust et Bring Your Own Key étaient des critères stricts de l’appel d’offres, et non des options. Un marché public de cette envergure constitue la référence la plus solide qu’un fournisseur souverain puisse actuellement présenter.
IONOS et la Telekom sont déjà opérationnels
StackIT n’est pas le seul à être prêt pour la production. IONOS Cloud, filiale de United Internet, est l’offre la plus agressive en termes de prix sur le marché. Son Compute Engine démarre à environ 0,015 euro par vCPU-heure, sous-cotant ainsi les configurations AWS comparables. Pour les workloads sensibles aux coûts dans un environnement régulé, c’est un argument de poids.
L’Open Telekom Cloud de T-Systems dessert depuis des années les banques et les administrations publiques. Avec StackIT et IONOS, elle forme le trio restreint de fournisseurs qui supportent réellement des charges dans des environnements régulés, que ce soit pour des cabinets d’avocats, des institutions financières ou le secteur de la santé. Objectivement, quand on parle d’hyperscalers allemands, on évoque ces trois noms. Tout le reste relève de la feuille de route.
ES³ : une grille contre le *sovereignty-washing*
Le principal problème du débat sur la souveraineté a longtemps été son caractère arbitraire. Chaque fournisseur définissait le terme de manière à ce que sa propre solution s’y adapte. C’est précisément là qu’intervient le standard European Sovereign Stack Standard, ou ES³, porté par Schwarz Digits. Il évalue les services informatiques selon quatre niveaux de maturité, du niveau de base à une solution pérenne, et traduit la souveraineté en un *Sovereignty Maturity Level* mesurable, allant de 1 à 4.
ES³ se positionne ainsi aux côtés des grilles réglementaires. Le BSI C5:2026 vérifie la sécurité, le nouveau catalogue C3A va plus loin en s’interrogeant sur la véritable souveraineté des opérateurs et des données, tandis que le cadre EUCS apporte une dimension européenne. Pour les architectes, 2026 marquera la première fois où il sera possible d’identifier concrètement le niveau de souveraineté réel d’une offre. Un fournisseur qui se soustrait à une évaluation ES³ ou C3A a, dans le doute, déjà répondu à la question.
Ce que cela signifie pour votre choix de cloud
Le choix ne se résume rarement à une alternative binaire entre un hyperscaler américain et une solution souveraine. Une approche progressive est plus réaliste : les charges de travail non critiques là où le service et le prix sont adaptés, les charges régulées et critiques pour l’entreprise chez un fournisseur affichant un niveau de souveraineté fiable.
Trois questions doivent précéder tout appel d’offres. Premièrement : existe-t-il une classification ES³ ou C3A documentée, au-delà des promesses marketing ? Deuxièmement : quelles charges de travail industrielles comparables y sont déjà exécutées en production, avec des références à contacter ? Troisièmement : à quoi ressemble la sortie si le contrat ne tient pas ses promesses ? Celui qui apporte des réponses solides à ces trois points a trouvé un opérateur. Celui qui ne fournit que des brochures a rencontré un simple fournisseur.
Foire aux questions
StackIT est-il déjà un véritable hyperscaler ?
Pas encore au sens d’AWS ou d’Azure, si l’on considère la profondeur des services et l’écosystème. StackIT est opérationnel en production et cité en référence grâce au contrat *Deutschland-Stack*, mais son catalogue de services continue de s’étoffer. L’ambition est affichée, le chemin pour y parvenir est en cours.
Quelle est la différence entre ES³ et le BSI C5 ?
Le BSI C5:2026 certifie la sécurité informatique d’un cloud. ES³ et le catalogue complémentaire C3A évaluent en plus la souveraineté numérique, c’est-à-dire l’opérateur, la maîtrise des données et l’indépendance vis-à-vis des accès non européens. Le C5 indique le niveau de sécurité. ES³ indique le niveau de souveraineté.
Pourquoi IONOS est-il bien moins cher ?
IONOS exploite ses propres centres de données avec une structure de services allégée et mise délibérément sur le prix. Environ 0,015 Euro par heure-vCPU en sont le résultat. Le compromis ? Un catalogue de services managés plus restreint que celui des hyperscalers américains.
Puis-je combiner un hyperscaler américain et un cloud souverain ?
Oui, c’est même la solution la plus répandue. Les charges de travail non critiques tournent sur AWS ou Azure, tandis que les charges régulées et critiques pour l’entreprise sont hébergées chez un fournisseur souverain. L’essentiel est de bien classifier les données et de prévoir un plan de sortie réaliste pour chaque partie de l’infrastructure.
Qui se cache derrière le *Deutschland-Stack* ?
En mai 2026, l’État fédéral a attribué un contrat d’environ 250 millions d’Euros pour une plateforme cloud souveraine dédiée à l’IA, sous forme de *Platform-as-a-Service*. Le marché est réparti entre deux consortiums : T-Systems avec SAP d’un côté, et un groupement composé de SVA, Schwarz Digits et Codesphere de l’autre. StackIT fournit l’infrastructure certifiée BSI.
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