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Sur Wikipedia et consorts, le supercalculateur « Frontier », basé dans le Tennessee, figure toujours en tête des classements des ordinateurs haute performance (HPC). Pourtant, à l’automne 2024, un nouveau venu californien baptisé « El Capitan » s’est hissé en pole position du Top500.
L’essentiel en bref
- El Capitan atteint 1,742 exaflops et devient le nouveau leader des supercalculateurs.
- Frontier a amélioré ses performances à 1,353 exaflops, mais a perdu sa première place au profit d’El Capitan.
- HPC6 en Italie, d’un coût dépassant les 100 millions d’euros, atteint 477 pétaflops.
- HPE domine avec 49,2 % de la puissance HPC, suivi par Atos et Microsoft Azure.
- Les États-Unis mènent en termes de performance avec 55,3 %, et en nombre de systèmes avec 34,6 %.
Les supercalculateurs surpassent largement les ordinateurs classiques en matière de puissance de calcul. Pour figurer parmi les dix premiers des HPC (High-Performance Computing) les plus performants, ils doivent afficher une performance Rmax d’au moins 208,10 pétaflops par seconde (PFlops), soit 208 billiards (10¹⁵) d’opérations en virgule flottante par seconde. Le nouveau détenteur du record, El Capitan, conçu par HPE en Californie, atteint 1,742 PFlops et devient ainsi le troisième bolide exaflopique au monde, après Frontier et Aurora.
Nommé d’après une montagne du parc national de Yosemite, El Capitan est installé au Lawrence Livermore National Laboratory, en Californie. Ce laboratoire, fondé en 1952 en réponse à la première bombe atomique russe, comme le rapporte Capital, joue un rôle clé dans la recherche scientifique et la sécurité nationale aux États-Unis.
La performance théorique Rpeak du nouveau recordman s’élève à 2 746,38 PFlops, un chiffre encore bien plus impressionnant. Par ailleurs, avec une consommation de 29 581 kW, il utilise plus de 9 000 kW de moins que le numéro 3, Aurora, situé au Argonne National Laboratory, qui relève du département américain de l’Énergie. Aurora est seulement le deuxième supercalculateur à franchir la barre du trillion d’opérations par seconde.
Quatre des dix leaders en Europe
Jusqu’à l’été 2024, Frontier, également exploité par le département américain de l’Énergie dans le Tennessee, occupait encore la première place. Il a pu augmenter sa performance de 1,206 à 1,353 EFlops, mais doit désormais céder sa position de leader au nouveau venu californien.
Avec 561,20 PFlops, Eagle, déployé par Microsoft Azure, n’atteint que la quatrième place. Lui aussi intègre déjà la technologie Nvidia et dispose de 2 073 600 cœurs, soit environ un quart du nombre des trois premiers.
Le plus puissant supercalculateur européen est HPC6, mis en service en décembre 2024 par le groupe énergétique italien Eni. Ce supercalculateur est équipé de près de 14 000 processeurs graphiques AMD et a coûté plus de 100 millions d’euros, selon IT-Boltwise. Il atteint 477 PFlops et doit notamment servir à la recherche sur la fusion nucléaire et à l’optimisation de l’efficacité des panneaux solaires.
Relégué à la sixième place, le supercalculateur Fugaku est installé au RIKEN Center for Computational Science de Kobe, au Japon. Avec une performance de 442,01 PFlops, il est principalement dédié à la science et à la recherche. Juste derrière, en septième position, suit un supercalculateur suisse au nom évocateur : Alps. Doté d’une technologie Nvidia de pointe, il offre une performance de 434,90 PFlops. La huitième place revient au finlandais LUMI, de HPE, avec 379,70 PFlops. Enfin, en neuvième position, on trouve Leonardo, mis en place par Atos (désormais Eviden), qui atteint 241,20 PFlops grâce à sa configuration BullSequana XH2000, ses processeurs Intel Xeon Platinum 8358 et la technologie Nvidia.
Classement mixte par constructeurs et par pays
En parts de marché par constructeur, Lenovo et HPE (Hewlett Packard Enterprise) mènent la danse avec 32,2 % chacun. Le fournisseur français de services informatiques Atos SE – connu aux États-Unis sous le nom d’Eviden – occupe la troisième place. Dell arrive en quatrième position, suivi de Nvidia en cinquième.
En termes de puissance HPC (calcul haute performance), HPE domine largement le classement TOP500 avec 49,2 %, devant Atos, Microsoft Azure, Nvidia, Lenovo et Fujitsu. Au classement par pays des systèmes installés, les États-Unis restent en tête avec 34,6 %, suivis par la Chine (12,6 %), l’Allemagne (8,0 %), le Japon et la France (6,8 % chacun).
Côté performance, les États-Unis s’imposent sans conteste comme leader mondial avec 55,3 %. La Chine, avec seulement 2,7 %, fait pâle figure, tandis que l’Allemagne affiche 3,4 %, le Japon 8,0 % et l’Italie 7,2 %. Ce pays d’Europe du Sud ne représente pourtant que 2,8 % des parts de marché des systèmes HPC.
Questions fréquentes
Quelle est la puissance de calcul du supercalculateur El Capitan ?
El Capitan atteint une performance Rmax de 1,742 exaflops. Sa puissance théorique maximale (Rpeak) s’élève à 2 746,38 pétaflops.
Où se trouve le supercalculateur El Capitan et qui en assure l’exploitation ?
El Capitan est installé au Lawrence Livermore National Laboratory, en Californie. Ce laboratoire, fondé en 1952, est géré par le département américain de l’Énergie (US-Energieministerium). Contexte : Ce centre de recherche, l’un des plus importants des États-Unis, se consacre notamment à la sécurité nationale et aux technologies énergétiques.
Quel est le coût du supercalculateur européen HPC6 et à quelles applications est-il destiné ?
Le HPC6 a nécessité un investissement de plus de 100 millions d’euros, selon les données disponibles. Il est utilisé, entre autres, pour la recherche sur la fusion nucléaire et l’optimisation du rendement des panneaux solaires. Contexte : Ce projet s’inscrit dans la stratégie européenne visant à renforcer son autonomie technologique et scientifique.
Quel est le poids des États-Unis sur le marché mondial du HPC en termes de puissance et de nombre de systèmes ?
Les États-Unis concentrent 55,3 % de la puissance totale des supercalculateurs dans le monde. En revanche, leur part en nombre de systèmes s’établit à 34,6 %. Contexte : Cette domination s’explique par des investissements massifs dans les infrastructures de calcul haute performance (HPC), notamment pour des applications militaires, climatiques et médicales.
Quels sont les leaders du marché dans la fabrication de supercalculateurs ?
HPE et Lenovo se partagent chacun 32,2 % des parts de marché en nombre de systèmes. En termes de puissance, HPE domine avec 49,2 %, devant Atos, Microsoft Azure, Nvidia, Lenovo et Fujitsu. Contexte : Atos, seul acteur européen majeur dans ce secteur, fait face à des défis financiers, tandis que les géants américains et asiatiques renforcent leur position.
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