15 décembre 2025

10 min de lecture

Cet article a été mis à jour en profondeur le 28 mars 2026. Première publication : 15 décembre 2025.

37 pour cent des internautes lancent aujourd’hui leurs recherches avec des outils d’IA plutôt qu’avec Google. Les « AI Overviews » de Google apparaissent dans jusqu’à 60 pour cent de toutes les requêtes de recherche. Lorsqu’ils sont affichés, le taux de clics chute de 61 pour cent. Pour les entreprises dont les produits nécessitent des explications détaillées, cela signifie ceci : si une marque n’apparaît pas comme source dans les réponses générées par l’IA, elle perd de la visibilité – indépendamment de son positionnement dans les résultats organiques de Google. Les nouvelles règles du jeu s’appellent GEO et AEO.

L’essentiel

  • 37 à 38 pour cent des internautes utilisent des outils d’IA plutôt que des moteurs de recherche classiques pour leurs premières requêtes (Search Engine Land, 2025)
  • Les « AI Overviews » de Google apparaissent dans 48 à 60 pour cent de toutes les requêtes de recherche, et dans 99,9 pour cent des requêtes à caractère informatif
  • Chute drastique des taux de clics : de 1,76 pour cent à 0,61 pour cent dès qu’un « AI Overview » est affiché. 80 pour cent des utilisateurs ne cliquent plus du tout
  • 97 pour cent des entreprises déclarent un retour sur investissement (ROI) positif grâce aux mesures GEO/AEO. 94 pour cent augmentent leur budget consacré à ces actions en 2026 (Enquête Conductor CMO Survey)
  • Gartner prévoit : une baisse de 25 pour cent du volume de recherche sur les moteurs traditionnels d’ici 2026, sous l’effet des chatbots IA et des agents virtuels

Les chiffres derrière cette transformation

ChatGPT traite 2,5 milliards de prompts par jour. 900 millions de personnes l’utilisent chaque semaine. Perplexity a doublé sa base d’utilisateurs en douze mois, passant de 22 à 45 millions, et répond à 780 millions de requêtes par mois. Depuis janvier 2026, Perplexity est intégré à Snapchat, ce qui lui ouvre potentiellement l’accès à un milliard d’utilisateurs supplémentaires.

Mais la véritable disruption ne provient pas des startups : elle émane de Google lui-même. Les « AI Overviews », ces boîtes de réponse générées par l’IA placées au-dessus des résultats organiques, apparaissent désormais dans 48 à 60 pour cent de toutes les requêtes de recherche. Pour les requêtes à caractère informatif – particulièrement pertinentes pour les entreprises B2B – ce taux atteint 99,9 pour cent. Depuis février 2025, la fréquence d’affichage des « AI Overviews » a augmenté de 58 pour cent.

Chute des taux de clics liée aux « AI Overviews »
-61 %
taux de clics organiques lorsque des « AI Overviews » sont affichés (SEMrush / Search Engine Journal)
1,76 %
CTR sans « AI Overview »
0,61 %
CTR avec « AI Overview »
80 %
taux de « zéro clic » (Zero-Click-Rate)

La conséquence est brutale : quatre utilisateurs sur cinq ne cliquent plus sur aucun résultat lorsqu’une réponse générée par l’IA est affichée. Ils obtiennent directement leur réponse de Google et quittent la page de résultats sans jamais y revenir. Pour les éditeurs et les entreprises, cela signifie : le trafic organique provenant de Google diminue, même si le classement reste inchangé.

« Le succès repose toujours sur les fondamentaux intemporels du référencement naturel : qualité, clarté et crédibilité. La stratégie la plus judicieuse ne consiste pas à choisir entre AEO/GEO et SEO, mais à adopter une approche centrée sur l’utilisateur qui répond aux besoins des deux. »

Lily Ray, Stratège principale chez HubSpot, MozCon 2025 (traduction adaptée)

Ce qui change actuellement dans la recherche

Google AI Overviews, ChatGPT avec navigation web (browsing), Perplexity, Microsoft Copilot – la liste des environnements de recherche soutenus par l’IA s’allonge chaque mois. Tous ces systèmes partagent trois caractéristiques communes :

  1. Ils synthétisent des réponses au lieu de lister des liens. L’utilisateur reçoit une réponse complète, pas dix liens bleus.
  2. Ils privilégient les sources structurées et autoritaires – des contenus clairement hiérarchisés, annotés avec du schema markup, et étayés par une expertise vérifiable.
  3. Ils citent sélectivement leurs sources. Seuls les contenus jugés dignes de foi sont mentionnés et liés. Les autres disparaissent purement et simplement du champ de vision.

Pour les décideurs IT et les responsables marketing, cela signifie : la stratégie SEO classique (mots-clés, backlinks, balises meta) ne suffit plus. Un cadre élargi est requis – l’optimisation pour les moteurs génératifs, ou GEO (Generative Engine Optimization).

Rand Fishkin (SparkToro) livre à ce sujet une constatation désabusée : dans son analyse menée avec Datos, il a découvert que moins d’une requête de recherche IA sur cent renvoie les mêmes recommandations de marques – et moins d’une sur mille dans le même ordre. La recherche fondée sur l’IA n’est donc pas seulement différente de Google : elle est aussi nettement plus imprévisible.

GEO contre SEO : quelle est la différence ?

Le SEO optimise les contenus pour les robots d’exploration (crawlers) des moteurs de recherche. Le GEO optimise les contenus pour les modèles d’IA qui génèrent des réponses. Les différences essentielles :

Critère SEO classique GEO / AEO
Objectif Classer dans le top 10 de Google Être cité comme source dans les réponses générées par l’IA
Optimisé pour Robots d’exploration et algorithmes Modèles de langage (LLMs) et génération augmentée par recherche (Retrieval-Augmented Generation)
Structure du contenu Balises H1-H3, mots-clés, balises meta Définitions claires, format questions-réponses (Q&A), entités bien identifiées
Autorité Backlinks, autorité de domaine (Domain Authority) E-E-A-T, crédibilité de l’auteur, capacité à être cité
Mesure du succès Classements, taux de clics (CTR), trafic Citations, mentions de la marque, part de voix (Share of Voice)

Important : le GEO ne remplace pas le SEO. Ces deux disciplines se complètent. Qui maîtrise déjà les fondamentaux du SEO est mieux armé pour le GEO. Mais ce dernier exige des mesures supplémentaires.

Adoption du GEO/AEO par les entreprises (Conductor CMO Survey 2026)
97 %
des entreprises déclarent un ROI positif grâce au GEO/AEO
94 %
augmentent leur budget GEO en 2026
12 %
part moyenne du budget allouée au GEO
#1
priorité stratégique en 2026

Les 7 mesures GEO les plus importantes pour les entreprises

1. Structurer les contenus comme des réponses

Les modèles d’IA recherchent des passages pouvant être utilisés directement comme réponse. Cela signifie que chaque section doit répondre clairement à une question précise, sans obliger le lecteur à parcourir l’intégralité de l’article. Les définitions doivent figurer en tête, suivies du contexte.

2. Déployer systématiquement le schema markup

Les données structurées au format JSON-LD aident les systèmes d’IA à interpréter correctement les contenus. Particulièrement pertinents : les schémas FAQPage, HowTo, Article (avec informations sur l’auteur) et Organization. Pour les éditeurs de contenus spécialisés, le schema markup doit être considéré comme une obligation.

3. Renforcer l’E-E-A-T

Expérience, Expertise, Autorité, Fiabilité (Experience, Expertise, Authoritativeness, Trustworthiness) – Google et les systèmes d’IA évaluent de plus en plus qui écrit quoi. Concrètement : profils d’auteurs attestant d’une expertise avérée, pages rédactionnelles explicites, et références bibliographiques transparentes. Les contenus anonymes ou signés d’une « rédaction » générique perdent rapidement de leur poids.

4. Construire des grappes thématiques plutôt que des articles isolés

Les systèmes d’IA reconnaissent l’autorité thématique. Un seul article sur les « coûts cloud » convainc moins qu’un ensemble cohérent couvrant les stratégies FinOps, l’optimisation des coûts cloud (Cloud Cost Optimization) et la gestion des coûts SaaS. Cette interconnexion signale : ici, quelqu’un maîtrise réellement le sujet.

5. Mettre régulièrement à jour les contenus

Les modèles d’IA privilégient les contenus récents. Un article datant de 2023 sera moins souvent cité qu’un article de 2026 – même si le fond est identique. Les articles existants doivent être mis à jour au moins une fois par an, idéalement avec une mention visible « Dernière mise à jour ».

6. Créer des contenus multimodaux

Tableaux, listes, infographies et comparaisons structurées sont mieux traités par les systèmes d’IA que le texte continu. Le tableau comparatif ci-dessus en est un exemple : il fournit une confrontation compacte et lisible par machine, que tout modèle de langage (LLM) peut immédiatement réutiliser comme bloc constitutif d’une réponse.

7. Réfléchir stratégiquement à la diffusion

Les contenus doivent être visibles là où les systèmes d’IA puisent leurs données d’entraînement et leurs sources de recherche (retrieval). Cela implique notamment les magazines spécialisés, les médias sectoriels établis, les publications de thought leadership sur LinkedIn, ainsi que les bases de données structurées. Les données de Rand Fishkin montrent également que de bons classements sur Google corrélaient fortement avec la visibilité sur ChatGPT et Perplexity. Qui figure en première page de Google a donc aussi de meilleures chances dans la recherche fondée sur l’IA.

« Moins d’une requête de recherche IA sur cent renvoie les mêmes recommandations de marques – et moins d’une sur mille dans le même ordre. La recherche fondée sur l’IA est nettement plus imprévisible que Google. »

Rand Fishkin, SparkToro, sur la base d’une analyse réalisée avec Datos (traduction adaptée)

Quelles entreprises doivent agir dès maintenant ?

Les entreprises dont les produits ou services nécessitent des explications détaillées sont particulièrement concernées – soit précisément les secteurs IT, SaaS et Cloud. Lorsqu’un directeur des systèmes d’information (CIO) tape dans ChatGPT la question « Quelle stratégie cloud convient à mon entreprise de taille moyenne ? », la qualité et la structure des contenus disponibles déterminent si un fournisseur apparaîtra ou non comme recommandation.

Cela vaut aussi bien pour les fournisseurs directs que pour leurs prestataires de services et intégrateurs système. Celui qui publie son expertise dans des médias spécialisés construit exactement l’autorité que les systèmes d’IA considèrent comme un signal de qualité. Il n’est donc pas surprenant que 97 % des directeurs marketing d’entreprises interrogés dans le rapport Conductor investissent dans des mesures GEO/AEO – et que 94 % augmentent leur budget dédié à ces actions en 2026.

Checkliste : évaluer votre niveau de préparation GEO en 5 minutes

  • ChatGPT fournit-il une réponse à des questions portant sur notre thème central, dans laquelle notre entreprise est mentionnée ?
  • Nos articles techniques comportent-ils du schema markup (FAQPage, Article, Organization) ?
  • Les profils d’auteurs sont-ils liés à des preuves tangibles d’expertise ?
  • Les contenus sont-ils mis à jour régulièrement (au moins une fois par an) ?
  • Existe-t-il des grappes thématiques, plutôt que des articles isolés ?
  • Les contenus sont-ils publiés dans des médias spécialisés permettant des citations ?
  • Notre domaine dispose-t-il d’un fichier llms.txt ?

Moins de 4 réponses positives ? Alors votre stratégie GEO est perfectible – et le temps presse.

Conclusion : la visibilité devient une question d’architecture

Le passage de la recherche classique à la recherche assistée par l’IA n’est pas une simple tendance : c’est une mutation structurelle. Gartner avait prévu dès 2024 une baisse de 25 pour cent du volume de recherche sur les moteurs traditionnels d’ici 2026. Les baisses réelles observées sur le trafic organique se situent à ce jour autour de 2,5 pour cent, mais les taux de clics révèlent un effet bien plus dramatique : -61 pour cent dès l’apparition d’un « AI Overview ».

La bonne nouvelle : la plupart des mesures GEO améliorent simultanément les performances SEO classiques. Contenus structurés, profils d’auteurs solides et grappes thématiques constituent des signaux universels de qualité. Qui investit aujourd’hui en bénéficie doublement. Qui attend risque une perte de visibilité que le SEO classique ne pourra plus combler à lui seul.

Source de l’image : Unsplash / Emiliano Vittoriosi

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le GEO (Generative Engine Optimization) ?

Le GEO est l’optimisation des contenus pour les systèmes de recherche fondés sur l’IA, tels que ChatGPT, Perplexity et les « AI Overviews » de Google. Son objectif est d’être cité comme source dans les réponses générées par l’IA – et non plus seulement d’obtenir un bon classement dans les résultats de recherche classiques. Le GEO complète le SEO, mais ne le remplace pas.

Comment vérifier si mon entreprise est visible dans les recherches fondées sur l’IA ?

Saisissez dans ChatGPT, Perplexity et Google des questions typiques posées par vos clients sur votre thème central. Si votre entreprise ou vos contenus n’y apparaissent pas comme source, votre stratégie GEO est insuffisante. Des outils comme Brand24 ou Mention permettent de suivre les citations issues de l’IA.

Quelle est la différence entre GEO et AEO ?

AEO (Answer Engine Optimization) et GEO (Generative Engine Optimization) sont souvent employés de façon synonyme. L’AEO se concentre sur les extraits en vedette (Featured Snippets) et les réponses directes dans Google. Le GEO va plus loin : il optimise les contenus pour tous les systèmes d’IA génératifs – y compris ChatGPT, Perplexity et Copilot.

Quel rôle joue le schema markup pour la visibilité dans les recherches fondées sur l’IA ?

Le schema markup (JSON-LD) aide les systèmes d’IA à classer correctement les contenus : qui a rédigé l’article ? Quelle organisation en est à l’origine ? Quelles questions sont traitées ? Les schémas FAQPage, Article, Person et Organization sont particulièrement importants.

Le SEO classique est-il désormais obsolète ?

Non. Le SEO demeure la base – les données de Rand Fishkin montrent que de bons classements sur Google corrélaient fortement avec la visibilité sur ChatGPT et Perplexity. Le GEO s’appuie sur le SEO et l’enrichit de mesures spécifiques à l’IA, telles que les réponses structurées, l’optimisation des entités et la consolidation de l’autorité des auteurs.

Quel budget dois-je prévoir pour le GEO/AEO ?

Selon l’enquête Conductor CMO Survey, les entreprises consacrent en moyenne 12 pour cent de leur budget marketing digital au GEO/AEO. 56 pour cent d’entre elles avaient déjà investi de façon significative en 2025. Toutefois, le démarrage est possible même sans gros budget : le schema markup, les profils d’auteurs et les contenus structurés demandent surtout du temps, pas d’argent.

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