Direction le désert : OpenAI prévoit la construction d’un méga-centre de données à Abu Dhabi
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L’essentiel
- OpenAI prévoit la construction de l’un des plus grands centres de données d’IA au monde à Abu Dhabi, avec une capacité de cinq gigawatts.
- Le centre de données s’étendra sur 26 kilomètres carrés – plus grand que Monaco – et nécessitera d’immenses quantités d’énergie.
- L’approvisionnement énergétique est assuré aux Émirats arabes unis par des sources fossiles et de plus en plus renouvelables.
- G42 est le partenaire local ; son PDG Peng Xiao est originaire de Chine, ce qui suscite aux États-Unis des inquiétudes quant à un possible transfert de technologie.
- Microsoft a investi 1,5 milliard de dollars dans G42 et s’implique activement pour garantir contrôle et transparence.
L’énergie pour les centres de données est abondante dans la région – fossile comme renouvelable. Source de l’image : Pexels/Diego Vivanco
Pour répondre à ses besoins croissants en puissance de calcul, OpenAI prévoit la construction d’un méga-centre de données aux Émirats arabes unis. Le fait que le PDG du partenaire local soit originaire de Chine suscite cependant aux États-Unis des craintes quant à un possible transfert de technologie vers l’Empire du Milieu.
Le désert, parfois extrêmement chaud, n’offre peut-être pas les meilleures conditions pour la construction de centres de données. Il présente toutefois l’avantage de disposer sur place d’une énergie abondante, sous forme fossile ou, de plus en plus, renouvelable.
Cette dernière considération avait déjà incité le Club de Rome à fonder la Desertec Foundation en 2009. L’objectif était de couvrir les besoins énergétiques européens grâce à d’immenses centrales solaires en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Le projet était si prometteur, juste avant le Printemps arabe, que même la Munich Re s’était placée à sa tête.
Cinq gigawatts – soit autant que des millions de foyers
Indépendamment de cela, les Émirats arabes unis offrent de vastes espaces et, sur le plan politique, des conditions favorables aux grands projets, qui pourraient ailleurs rencontrer davantage de résistances. Et cela a sans doute joué un rôle décisif pour OpenAI, la maison mère de ChatGPT, dans sa décision de planifier la construction de l’un des plus grands centres de données d’IA à Abu Dhabi, comme le rapporte t3n en citant l’agence de presse américaine Bloomberg.
L’ensemble de l’installation devrait, une fois achevée, avoir une capacité de cinq gigawatts et s’étendre sur 26 kilomètres carrés, ce qui la rendrait plus grande que la principauté de Monaco. La capacité prévue représenterait plus de quatre fois celle du premier « centre Stargate » en construction au Texas, qui « se limite » à une puissance de 1,2 gigawatt. Cinq gigawatts correspondent, selon t3n, à la puissance d’environ cinq centrales nucléaires ou à la consommation énergétique de plusieurs millions de foyers.
Un élément clé de ce projet titanesque est l’entreprise technologique locale G42 en tant que partenaire. Bien que l’actionnaire majoritaire et président du partenaire technologique soit Sheikh Tahnoon bin Zayed Al Nahyan, qui en tant que frère du chef de l’État est également conseiller à la sécurité nationale du pays, le véritable dirigeant de l’entreprise en tant que PDG est le Chinois Peng Xiao.
Les craintes d’un transfert de technologie vers la Chine sont-elles dissipées ?
Malgré son retrait de Chine, le partenariat avec Microsoft et OpenAI suscite des discussions sur un possible transfert de technologie. Source de l’image : Pexels/Tara Winstead
C’est là que le bât blesse et que la critique s’élève aux États-Unis, où l’on craint que ce projet commun ne serve de vecteur à un possible transfert de technologie vers la Chine. D’autant plus que G42 entretenait autrefois des liens avec des entreprises chinoises figurant sur la liste des sanctions américaines, comme Huawei et le Beijing Genomics Institute.
Peng avait cependant déclaré début 2024 que G42 avait abandonné tous ses investissements chinois et n’avait plus aucune présence dans le pays. Comme le rapportent Bloomberg et t3n, Microsoft a peu après pris une participation de 1,5 milliard de dollars dans G42. Brad Smith, président de Microsoft, a même intégré le conseil d’administration de l’entreprise. OpenAI avait déjà annoncé en 2023 un partenariat avec G42 pour promouvoir l’utilisation de l’IA au Moyen-Orient. Cela avait déjà suscité des critiques aux États-Unis à l’époque. Le centre de données prévu à Abu Dhabi établit non seulement des normes en raison de sa taille colossale, mais soulève également des questions géopolitiques.
Cela commence par la question de savoir qui contrôle les centres de données sur lesquels repose le savoir de demain. Cette question de souveraineté préoccupe actuellement également l’UE face à la dépendance technologique croissante vis-à-vis de la Chine et des États-Unis. Pour contrer la suprématie croissante de ces deux pays en matière d’IA, il est nécessaire de voir au-delà de son propre horizon et, comme la Desertec Foundation, de conclure des alliances avec le monde arabe.
Questions fréquentes
Pourquoi OpenAI construit-il un centre de données aux Émirats arabes unis ?
Les Émirats arabes unis offrent de vastes surfaces, des conditions politiques stables et une énergie abondante issue de sources fossiles et renouvelables. Ces facteurs sont idéaux pour des projets de grande envergure et énergivores comme les centres de données d’IA.
Quelle sera la taille du centre de données prévu à Abu Dhabi ?
Le centre de données devrait atteindre une capacité de cinq gigawatts et s’étendre sur 26 kilomètres carrés. Il sera ainsi plus grand que la principauté de Monaco.
Quel rôle joue l’entreprise G42 dans ce projet ?
G42 est le partenaire technologique local d’OpenAI aux Émirats arabes unis. Bien que l’actionnaire majoritaire soit un cheikh émirati, c’est le Chinois Peng Xiao qui dirige l’entreprise en tant que PDG.
Pourquoi y a-t-il des critiques aux États-Unis concernant la collaboration avec G42 ?
Les critiques découlent des craintes d’un transfert de technologie vers la Chine, car le PDG de G42 est originaire de Chine et l’entreprise entretenait autrefois des liens avec des entreprises chinoises sanctionnées.
Comment Microsoft réagit-il aux préoccupations concernant G42 ?
Microsoft a investi 1,5 milliard de dollars dans G42 et a nommé son président Brad Smith au conseil d’administration. Cela doit garantir transparence et contrôle occidental.
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Source de l’image : Pexels/panumas nikhomkhai

