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Logistique & Supply Chain

Informatique durable en logistique : le cloud rend la…

La logistique fret génère 7 à 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. La « dernière étape » &8211; c’est-à-dire le trajet final jusqu’au client &8211; représente à …

Par Tobias Massow 23 mars 2026 7 min de lecture
Informatique durable en logistique : le cloud rend la…

La logistique du fret est responsable de 7 à 8 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Le dernier kilomètre représente à lui seul jusqu’à 50 % du bilan CO2 d’une chaîne d’approvisionnement. Dans le même temps, un rapport du WEF montre que l’exploitation assistée par l’IA pourrait réduire les émissions de la logistique de 15 % (WEF, Intelligent Transport Report, 2025). À ce jour, seules 3,72 % des entreprises de l’UE utilisent cette technologie.

L’essentiel en bref

  • 7 à 8 % des émissions mondiales : la logistique du fret compte parmi les principales sources de CO2 dans le monde (WEF, 2025).
  • Dernier kilomètre = principal levier : 30 à 50 % des émissions de la chaîne d’approvisionnement sont générées sur les derniers kilomètres jusqu’au client.
  • UPS économise 100 000 tonnes de CO2 par an : le système ORION optimise chaque jour plus de 200 000 options d’itinéraire par chauffeur (INFORMS).
  • DHL : 39 000 véhicules électriques en service : 41 % de la flotte de livraison roule déjà à l’électrique, avec un objectif de 66 % d’ici 2030.
  • L’obligation CSRD concerne 50 000 entreprises de l’UE : le reporting Scope 3 rend pour la première fois visibles et déclarables les émissions logistiques de la chaîne d’approvisionnement (vue d’ensemble de la CSRD sur Digital Chiefs).

Pourquoi le dernier kilomètre est le plus grand problème

Les chiffres sont sans équivoque : 204 grammes de CO2 par colis en moyenne mondiale (Statista, 2022). Aux Pays-Bas, une optimisation systématique a permis de diviser cette valeur par deux, à 100 grammes (Supply Chain Movement, 2024). Sans contre-mesures, UPIDO prévoit que les livraisons e-commerce atteindront 5,5 millions de tonnes de CO2 par an d’ici 2032.

La logistique urbaine aggrave le problème : dans les 100 plus grandes villes du monde, les émissions logistiques augmenteront de 30 % d’ici 2030 selon le WEF si aucune mesure n’est prise. La raison tient à la fragmentation. Toujours plus de colis vers toujours plus d’adresses, avec des promesses de livraison toujours plus courtes. Le same-day et le next-day contraignent les services de livraison à multiplier les trajets individuels inefficaces. Les entrepôts autonomes atténuent le problème à l’interface entre l’entrepôt et le dernier kilomètre.

Réduction du CO2 grâce à une logistique optimisée par l’IA
jusqu’à 15 %
grâce à l’optimisation des itinéraires, à la planification des capacités et au report modal

Source : WEF, Intelligent Transport Greener Future, 2025

Optimisation des itinéraires basée sur le cloud : la preuve par UPS

Le système ORION d’UPS est la preuve la mieux documentée de ce que peut apporter l’optimisation des itinéraires basée sur le cloud. Chaque jour, le système analyse plus de 200 000 variantes d’itinéraires possibles par chauffeur et sélectionne la plus efficace. Résultat : 10 millions de gallons de carburant économisés par an et 100 000 tonnes de CO2 évitées (INFORMS Case Study).

La mise à niveau dynamique d’ORION réduit encore la distance parcourue de 2 à 4 miles par chauffeur et par jour. Rapporté à l’ensemble de la flotte UPS, cela représente 100 millions de miles parcourus en moins et 300 millions de dollars US d’économies annuelles (Supply Chain Dive).

Pour les décideurs IT, l’enseignement est clair : la plateforme fonctionne dans le cloud, passe à l’échelle sur des milliers de chauffeurs et se rentabilise non pas en années, mais en mois. L’optimisation des itinéraires n’est plus un projet d’innovation. C’est une infrastructure de base – au même titre que le refroidissement économe en énergie dans les centres de données.

Tableaux de bord des émissions : le Scope 3 devient mesurable

La CSRD rend la déclaration des émissions de Scope 3 obligatoire pour environ 50 000 entreprises de l’UE. Dans la plupart des entreprises, les émissions liées aux chaînes d’approvisionnement représentent jusqu’à 80 pour cent de l’empreinte CO2 totale (BCG, 2025). Le problème : de nombreuses entreprises ne connaissent même pas leurs données de Scope 3.

Avec son Emissions Dashboard, Maersk a créé une plateforme cloud sur laquelle les clients peuvent consolider leurs données CO2 pour tous les transporteurs et modes de transport. Le système enregistre également les transports non opérés par Maersk. Le programme ECO Delivery Ocean réduit les émissions jusqu’à 85 pour cent par rapport aux carburants fossiles, avec une vérification par PwC selon la norme ISAE 3410. Des entreprises comme Nestlé, Novo Nordisk et Grundfos ont basculé l’ensemble de leurs transports maritimes Maersk vers ECO Delivery en 2024.

Flottes électriques : Amazon et DHL passent à l’échelle

Fin 2025, Amazon exploite plus de 30 000 camionnettes électriques Rivian aux États-Unis, soit une croissance de 50 pour cent par rapport à l’année précédente. En 2024, les véhicules ont livré plus d’un milliard de colis. Pour cela, Amazon exploite plus de 17 000 points de recharge propres, constituant ainsi la plus grande infrastructure de recharge privée au monde (Electrek, 2026).

DHL utilise actuellement plus de 39 000 véhicules électriques dans ses services de livraison. Cela représente 41 pour cent de la flotte. D’ici 2030, cette part doit passer à 66 pour cent. Rien qu’en Allemagne, 2 400 Ford Pro E-Vans viennent s’y ajouter. Le programme GoGreen Plus a atteint en 2024 une réduction de 1 598 kilotonnes de CO2e, vérifiée par un audit indépendant. Plus de 300 000 clients dans le monde utilisent ce service (DHL Group, 2025).

// Propos

McKinsey estime que 40 à 50 pour cent des émissions logistiques pourraient être réduites d’ici 2030 grâce aux technologies déjà disponibles aujourd’hui. Le facteur limitant n’est pas la technologie, mais la vitesse de mise en œuvre.

McKinsey · Decarbonizing Logistics, juin 2024

La réglementation européenne comme accélérateur

L’UE renforce la pression simultanément à plusieurs niveaux. Les nouvelles normes CO2 pour les véhicules utilitaires lourds imposent d’ici 2030 une réduction de 45 pour cent par rapport à 2019, puis de 90 pour cent d’ici 2040 (Conseil de l’UE, mai 2024). Les bus urbains devront être entièrement zéro émission d’ici 2035.

L’Alternative Fuels Infrastructure Regulation (AFIR) exige des points de recharge d’au moins 350 kW tous les 60 kilomètres sur le réseau central RTE-T à partir de 2025. FuelEU Maritime impose depuis janvier 2025 une réduction progressive de l’intensité des gaz à effet de serre dans le transport maritime, jusqu’à 80 pour cent d’ici 2050.

Pour les départements IT, cela signifie que les infrastructures de données compatibles avec la conformité deviennent obligatoires. Quiconque ne peut pas mesurer les émissions de Scope 3 ne pourra pas non plus les déclarer. Les plateformes cloud de suivi des émissions ne sont plus un bonus, mais une base – et la sécurisation de la chaîne d’approvisionnement logicielle en fait partie.

Conclusion

La technologie existe : optimisation des itinéraires par IA, tableaux de bord cloud des émissions, flottes électriques. Ce qui manque, c’est le passage à l’échelle. 96 pour cent des entreprises de l’UE n’utilisent pas encore l’IA dans la logistique. UPS montre ce qui est possible : 100 000 tonnes de CO2 en moins par an grâce à un seul système cloud. La CSRD rend le reporting Scope 3 obligatoire, et avec lui l’infrastructure IT qui le rend possible.

Questions fréquentes

Qu’est-ce que le scope 3 et pourquoi concerne-t-il la logistique ?

Le scope 3 englobe toutes les émissions indirectes de la chaîne de valeur d’une entreprise, y compris le transport, le stockage et la livraison. Dans de nombreuses entreprises, ces émissions représentent jusqu’à 80 % de l’empreinte CO2 totale. La CSRD rend le reporting obligatoire pour environ 50 000 entreprises de l’UE.

Quelle quantité de CO2 génère un seul colis ?

En moyenne mondiale, environ 204 grammes de CO2 par colis. Sur des marchés optimisés comme les Pays-Bas, la valeur est d’environ 100 grammes. L’écart est important et dépend de la distance, du type de véhicule et de la densité de livraison.

Une flotte électrique est-elle rentable pour les prestataires logistiques de taille intermédiaire ?

Le coût total de possession baisse continuellement. Les utilitaires électriques ont des coûts d’exploitation plus faibles (électricité vs. diesel, moins de maintenance). DHL et Amazon montrent que le passage à l’échelle fonctionne. Pour les petites flottes, les modèles de leasing et les programmes d’aide facilitent le démarrage.

Quelles économies concrètes permet l’optimisation des itinéraires basée sur le cloud ?

UPS économise avec ORION 10 millions de gallons de carburant et 100 000 tonnes de CO2 par an. Les études montrent généralement un potentiel de réduction allant jusqu’à 20 % des émissions grâce à une optimisation professionnelle des itinéraires.

Quelles plateformes cloud conviennent au suivi des émissions ?

Avec son Emissions Dashboard, Maersk propose une plateforme de suivi multimodal. Des fournisseurs spécialisés comme Planetly, Persefoni ou Watershed couvrent des exigences ESG plus larges. Le facteur décisif est la capacité à agréger le scope 3 sur différents transporteurs et modes de transport.

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Source de l’image de titre : Pexels / Norma Mortenson (px:4391469)

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