Assouplissement des règles pour les datacenters : ce que…
La réforme EnEfG assouplit les obligations d'efficacité énergétique : seuils PUE relevés, délais prolongés et exemption des petits centres. Décryptage pour les exploitants.
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Le 24 juin 2026, le gouvernement fédéral allemand a adopté la révision de la loi sur l’efficacité énergétique (Energieeffizienzgesetz, EnEfG). Ce texte assouplit plusieurs obligations pour les centres de données, prolonge certains délais et relève le seuil à partir duquel un centre de données est soumis à cette réglementation. Pour les exploitants, cela signifie une plus grande sécurité juridique. En revanche, les associations communales y voient un relâchement des objectifs climatiques. Voici ce qu’il faut retenir.
L’essentiel en bref
- Assouplissement des seuils PUE : À partir de mi-2027, les centres de données existants devront atteindre un PUE (Power Usage Effectiveness) de 1,6, puis de 1,4 d’ici 2030, contre les valeurs initialement prévues de 1,5 et 1,3. Pour les nouvelles constructions, le seuil strict de 1,2 reste en vigueur, mais le délai pour l’atteindre est doublé, passant de deux à quatre ans.
- Moins de centres de données concernés : Le seuil minimal passe de 300 kilowatts de puissance connectée à 500 kilowatts de puissance IT installée. Les installations plus petites sont ainsi exclues de la réglementation.
- Gestion simplifiée de la chaleur résiduelle : L’obligation d’exploiter la chaleur résiduelle est remplacée par une simple analyse coût-bénéfice. Par ailleurs, l’Allemagne fait déjà l’objet d’une procédure de l’UE pour non-respect des délais d’application de cette mesure.
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Ce qui change concernant les seuils de PUE
Le Power Usage Effectiveness, ou PUE, constitue l’indicateur central de la réglementation. Il mesure la quantité d’électricité consommée par un centre de données au-delà de la charge informatique pure, notamment pour le refroidissement. Une valeur de 1,2 signifie que pour chaque kilowattheure de puissance informatique, 0,2 kilowattheure supplémentaire est nécessaire au fonctionnement. Plus le PUE se rapproche de 1,0, plus l’efficacité est grande.
La nouvelle version de la loi assouplit quelque peu ces exigences. Pour les centres de données existants, la valeur requise passera de 1,5 à 1,6 à partir de mi-2027, puis de 1,3 à 1,4 à partir de 2030. Cette décision s’explique par les exigences de redondance des installations plus anciennes, dont l’efficacité ne peut être optimisée arbitrairement. Pour les nouveaux centres, le seuil strict de 1,2 reste en vigueur, mais le délai pour l’atteindre est prolongé, passant de deux à quatre ans en moyenne annuelle.
C’est précisément sur ce point que l’association professionnelle Bitkom souhaitait une amélioration. Son argument : un PUE de 1,2 n’est souvent pas atteignable avec un refroidissement par air classique en fonctionnement continu, un objectif de 1,3 aurait été plus réaliste. La prolongation du délai constitue le compromis qui en est ressorti.
| Exigence | Planifié précédemment | Après la révision |
|---|---|---|
| Existants, PUE à partir de 2027 | 1,5 | 1,6 |
| Existants, PUE à partir de 2030 | 1,3 | 1,4 |
| Nouveaux centres, délai pour PUE 1,2 | deux ans | quatre ans |
| Seuil d’application | 300 kW de puissance raccordée | 500 kW de puissance informatique |
Les centres de données désormais exclus de la réglementation
Le changement le plus impactant ne concerne pas les seuils de consommation, mais la définition même des centres de données soumis à réglementation. Jusqu’à présent, un centre de données était considéré comme régulé à partir d’une puissance nominale de 300 kilowatts. À l’avenir, ce sera la puissance IT installée qui fera foi, avec un seuil fixé à 500 kilowatts. Résultat : de nombreuses installations plus modestes échapperont désormais à l’application de la loi.
Les obligations de déclaration seront également allégées. Le cercle des centres de données tenus de communiquer leurs indicateurs sera nettement restreint. L’obligation de fournir des informations aux exploitants de réseaux de chaleur sera supprimée. En contrepartie, l’Office fédéral de l’économie et du contrôle des exportations (BAFA) a annoncé qu’il intensifiera les contrôles par échantillonnage.
Le point de friction : la chaleur résiduelle et les objectifs climatiques
C’est autour de la chaleur résiduelle que se cristallise la critique. Jusqu’à présent, la loi obligeait les exploitants à éviter ou à valoriser cette chaleur résiduelle. Cette obligation générale est remplacée par une simple analyse coûts-bénéfices, sans mise en œuvre contraignante. Les associations communales mettent en garde contre la perte d’informations précieuses pour la planification locale de la chaleur.
Le secteur de l’approvisionnement électrique n’est pas en reste. L’obligation de couvrir 100 % des besoins en électricité par des énergies renouvelables, initialement prévue pour 2027, est reportée à 2030. Les quotas progressifs de réutilisation de la chaleur résiduelle, passant de 10 à 15 puis 20 %, restent en vigueur, mais sont assortis de nouvelles exceptions.
Le Bitkom qualifie cette réforme de correction partielle de prescriptions déconnectées de la réalité. L’association souligne par ailleurs que le PUE (Power Usage Effectiveness) comme unique indicateur reste insuffisant, car il ne renseigne ni sur l’origine de l’électricité ni sur le devenir de la chaleur. La vérité se situe entre ces deux positions : plus de réalisme pour les exploitants, mais moins de leviers pour la protection du climat.
Pourquoi l’urgence est de mise
Une pression européenne pèse sur l’ensemble du dossier. La directive européenne sur l’efficacité énergétique, qui sert de base à cette réglementation, aurait dû être transposée par l’Allemagne d’ici au 10 octobre 2025. Son non-respect a entraîné l’ouverture d’une procédure d’infraction par la Commission européenne. La réforme actuelle vise donc également à clore cette procédure en suspens.
Parallèlement, le gouvernement fédéral se positionne comme un acteur clé dans le domaine de l’IA. La stratégie nationale pour les centres de données, adoptée en mars 2026, vise à faciliter l’implantation d’infrastructures. Or, les exigences d’efficacité, souvent jugées déconnectées de la réalité, ne s’accordent guère avec cet objectif. Les assouplissements introduits ne relèvent donc pas uniquement d’une concession, mais s’inscrivent aussi dans une logique de politique industrielle.
Ce que les exploitants doivent faire dès maintenant
Quatre étapes claires, mais mesurées, s’imposent dans la pratique.
- Vérifier le classement. Les exploitants proches du nouveau seuil de 500 kilowatts doivent déterminer avec précision la puissance IT installée. C’est de cette évaluation que dépend l’application effective de la loi.
- Recalculer le plan PUE. Les seuils et délais décalés modifient la planification des investissements pour le refroidissement et la modernisation. Cet espace de manœuvre supplémentaire peut être exploité de manière ciblée.
- Ne pas négliger la valorisation de la chaleur résiduelle. Même sans obligation stricte, la valorisation de la chaleur résiduelle reste un atout pour le site et l’image. Les collectivités locales et les clients y sont de plus en plus attentifs.
- Suivre le calendrier européen. Tant que la procédure d’infraction de l’UE est en cours, le calendrier pourrait encore évoluer. En suivant son évolution, vous ne serez pas pris au dépourvu.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la novelle du EnEfG ?
La novelle est une modification de la loi allemande sur l’efficacité énergétique (Energieeffizienzgesetz), adoptée par le gouvernement fédéral (Bundeskabinett) le 24 juin 2026. Elle transpose une directive européenne et assouplit plusieurs obligations d’efficacité pour les centres de données.
Pour rappel, l’Allemagne relève du contexte réglementaire européen (DACH), où les directives de l’UE s’appliquent directement aux États membres.
Quel sera à l’avenir la valeur PUE applicable aux centres de données existants ?
Une valeur PUE (Power Usage Effectiveness) de 1,6 à partir de mi-2027, puis de 1,4 à partir de 2030. Auparavant, les seuils prévus étaient de 1,5 et 1,3 respectivement. Pour les nouveaux centres, la valeur reste fixée à 1,2, mais le délai pour y parvenir est désormais de quatre ans, contre deux auparavant.
Mon centre de données est-il toujours concerné par cette loi ?
Le critère déterminant sera désormais la puissance IT installée. Le seuil d’application de la loi passe à 500 kilowatts, contre 300 kilowatts de puissance connectée auparavant. Les installations de plus petite taille sont donc exclues du champ d’application.
Pourquoi cette loi est-elle modifiée en ce moment ?
L’Allemagne devait transposer la directive européenne sous-jacente sur l’efficacité énergétique d’ici octobre 2025. En raison du retard accumulé, une procédure d’infraction européenne (EU-Vertragsverletzungsverfahren) a été engagée. Cette novelle vise à mettre un terme à cette procédure.
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Source de l’image : générée par IA (juillet 2026)
Source de l’image : générée par IA (Juli 2026)

