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Hausse des seuils PUE et délais prolongés : comment la réforme EnEfG allège les obligations des

La révision de la loi EnEfG (loi sur l’efficacité énergétique) assouplit les obligations d’efficacité pour les centres de données : des seuils PUE plus…

Par Benedikt Langer 6 juillet 2026 9 min de lecture
Hausse des seuils PUE et délais prolongés : comment la réforme EnEfG allège les obligations des

6 Min. temps de lecture

Le 24 juin 2026, le Conseil des ministres fédéral a adopté la réforme de la loi sur l’efficacité énergétique. Celle-ci assouplit plusieurs obligations pour les centres de données, prolonge les délais et relève le seuil à partir duquel un centre de données est soumis à la loi. Pour les exploitants, cela signifie une sécurité de planification. Les associations communales y voient un relâchement des objectifs climatiques. Un aperçu de ce que contient réellement cette réforme.

Les points clés en bref

  • Seuils PUE assouplis : Les centres de données existants devront atteindre un PUE de 1,6 à partir de mi-2027 et de 1,4 à partir de 2030, au lieu des 1,5 et 1,3 initialement prévus. Pour les nouvelles constructions, la valeur stricte de 1,2 est maintenue, mais le délai pour l’atteindre passe de deux à quatre ans.
  • Moins de centres de données concernés : Le seuil passe de 300 kilowatts de puissance raccordée à 500 kilowatts de puissance IT installée. Les petites installations sortent ainsi entièrement du champ d’application de la loi.
  • Chaleur fatale atténuée : L’obligation d’utilisation de la chaleur fatale est remplacée par une simple analyse coûts-bénéfices. Parallèlement, l’Allemagne fait déjà l’objet d’une procédure de l’UE pour retard dans la transposition.

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Ce qui change pour les seuils PUE

Le Power Usage Effectiveness, ou PUE, est l’indicateur clé de la loi. Il mesure la quantité d’électricité consommée par un centre de données au-delà de la charge IT pure, notamment pour le refroidissement. Une valeur de 1,2 signifie que pour chaque kilowattheure de puissance de calcul, 0,2 kilowattheure supplémentaire est nécessaire pour le fonctionnement. Plus le chiffre est proche de 1,0, plus le centre est efficace.

La réforme réduit ici la pression. Pour les centres de données existants, la valeur requise passe de 1,5 à 1,6 à partir de mi-2027 et de 1,3 à 1,4 à partir de 2030. Cette mesure est justifiée par les exigences de redondance des anciennes installations, qui ne peuvent pas être optimisées à volonté. Pour les nouvelles constructions, la valeur stricte de 1,2 est maintenue, mais le délai pour l’atteindre passe de deux à quatre ans en moyenne annuelle.

C’est précisément sur ce point que l’association numérique Bitkom avait souhaité des améliorations. Son argument : un PUE de 1,2 n’est souvent pas réalisable en exploitation continue avec un refroidissement par air classique, et une valeur cible de 1,3 aurait été plus réaliste. Le délai prolongé est le compromis qui en reste.

Exigence Prévu initialement Après la réforme
Existant, PUE à partir de 2027 1,5 1,6
Existant, PUE à partir de 2030 1,3 1,4
Nouvelle construction, délai pour PUE 1,2 deux ans quatre ans
Seuil d’application 300 kW de puissance raccordée 500 kW de puissance IT

Qui sera exclu de la loi à l’avenir

Le changement peut-être le plus lourd de conséquences ne concerne pas les valeurs limites, mais la définition. Jusqu’à présent, un centre de données était considéré comme régulé à partir de 300 kilowatts de puissance de raccordement nominale. Désormais, c’est la puissance IT installée qui compte. Le seuil est fixé à 500 kilowatts. De nombreux petits sites sortent ainsi complètement du champ d’application.

Les obligations de déclaration sont également réduites. Le cercle des centres de données tenus de communiquer leurs indicateurs est nettement resserré. L’obligation de fournir des informations aux exploitants de réseaux de chaleur disparaît. En contrepartie, l’Office fédéral de l’économie et du contrôle des exportations annonce qu’il renforcera à l’avenir les contrôles par échantillonnage.

500 kW
puissance IT installée : ce n’est qu’à partir de cette taille qu’un centre de données sera désormais soumis à la loi. Jusqu’à présent, le seuil était fixé à 300 kilowatts de puissance de raccordement.
Source : projet de loi gouvernemental sur la modification de l’EnEfG, décision du Conseil des ministres du 24 juin 2026

Le point de discorde : la chaleur fatale et les objectifs climatiques

La chaleur fatale cristallise les critiques. Jusqu’à présent, la loi obligeait les exploitants à éviter ou à valoriser la chaleur fatale produite. Cette obligation générale est remplacée par une simple analyse coûts-bénéfices sans mise en œuvre contraignante. Les associations communales mettent en garde contre la perte d’informations précieuses pour la planification thermique locale.

Du côté de l’alimentation électrique, les exigences sont également assouplies. L’obligation de couvrir 100 % de la consommation par des énergies renouvelables, prévue initialement pour 2027, est reportée à 2030. Les quotas minimaux progressifs pour la réutilisation de la chaleur fatale, allant de 10 à 15 puis 20 %, sont maintenus, mais assortis de nouvelles exceptions.

Bitkom qualifie cette réforme de correction partielle de dispositions éloignées de la réalité. Dans le même temps, l’association souligne que le PUE, utilisé comme seul indicateur, est insuffisant, car il ne dit rien sur l’origine de l’électricité ni sur le devenir de la chaleur. La vérité se situe entre les deux camps : plus de réalisme pour les exploitants, moins de leviers pour la protection du climat.

Pourquoi le temps presse

Une pression européenne pèse sur l’ensemble du dossier. La directive européenne sur l’efficacité énergétique sous-jacente aurait dû être transposée par l’Allemagne avant le 10 octobre 2025. Ce manquement a déclenché une procédure en infraction de la part de la Commission européenne. La réforme actuelle vise donc aussi à clore cette procédure en cours.

Parallèlement, le gouvernement fédéral se positionne comme un pôle d’excellence en matière d’IA. La stratégie nationale pour les centres de données, adoptée en mars 2026, doit faciliter les implantations. Les exigences d’efficacité, jugées éloignées de la pratique, cadrent mal avec cet objectif. Ces assouplissements ne sont donc pas seulement une concession, mais aussi une politique d’attractivité territoriale.

Ce que les exploitants doivent faire dès maintenant

Quatre étapes claires et pragmatiques s’imposent pour la pratique.

  1. Vérifier le classement. Ceux qui se situent près du nouveau seuil de 500 kilowatts doivent déterminer précisément leur puissance IT installée. Cela détermine si la loi s’applique encore ou non.
  2. Recalculer le plan PUE. Les valeurs limites et les échéances reportées modifient la planification des investissements pour le refroidissement et la modernisation. La marge de manœuvre obtenue peut être utilisée de manière ciblée.
  3. Penser tout de même à la chaleur fatale. Même sans obligation stricte, la valorisation de la chaleur fatale reste un facteur d’implantation et d’image. Les communes et les clients s’en préoccupent de plus en plus.
  4. Surveiller le calendrier européen. Tant que la procédure en infraction est en cours, le calendrier peut encore évoluer. Ceux qui suivent son évolution ne seront pas pris au dépourvu.

Foire aux questions

Qu’est-ce que la réforme EnEfG ?

Cette réforme modifie la loi allemande sur l’efficacité énergétique, adoptée par le Conseil des ministres fédéral le 24 juin 2026. Elle transpose une directive européenne et assouplit plusieurs obligations d’efficacité pour les centres de données.

Quel PUE s’appliquera désormais aux centres de données existants ?

Un PUE de 1,6 à partir de mi-2027 et de 1,4 à partir de 2030. Jusqu’ici, les valeurs prévues étaient de 1,5 et 1,3. Pour les nouvelles constructions, la valeur reste fixée à 1,2, mais le délai pour l’atteindre est doublé, passant à quatre ans.

Mon centre de données est-il encore concerné par la loi ?

Le critère déterminant est désormais la puissance IT installée. La loi ne s’applique qu’à partir de 500 kilowatts, contre 300 kilowatts de puissance raccordée auparavant. Les installations de moindre capacité sortent du champ d’application.

Pourquoi cette loi est-elle modifiée maintenant ?

L’Allemagne aurait dû transposer la directive européenne sous-jacente avant octobre 2025. En raison de ce retard, une procédure pour manquement de l’UE est en cours. La réforme vise à y mettre fin.

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Source de l’image : générée par IA (juillet 2026)

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